Lampedusa tient tête à Vienne sur la question des migrants

Le maire de Lampedusa ne cède pas face à Vienne, qui demande à l’Italie de stopper les migrants arrivés sur ses îles. Le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, a rencontré son homologue italien pour que cesse le transfert des personnes débarquées ou secourues vers le continent. Le ministre autrichien des affaires étrangères bénéficie du soutien de son parti ultraconservateur, l‘ÖVP, qui juge “intolérable”, dans un communiqué, la réaction de l‘élu local italien. L‘édile avait estimé cette requête “plus digne d’un néonazi que d’un ministre des affaires étrangères”, et il maintient ses propos.

“Les paroles [de Sebastian Kurz] sont totalement inacceptables”, explique le maire de Lampedusa, Totò Martello. “Face à de tels propos, je maintiens ce que j’ai dit et je le répète : si on laisse se répandre ce type de messages, sans rien dire, tout ce que nous faisons ici [à Lampedusa] sera voué à mourir, tout comme les notions de paix et d’hospitalité que nous partageons ici en Méditerranée”.

Si l’hypothèse suggérée par Vienne se réalisait, cela signifierait “la mort de toute une communauté et de toute une île”, indique l‘élu.
Cette demande du gouvernement autrichien reviendrait à transformer Lampedusa en un “camp de concentration”, a estimé de son côté le chef de file des socialistes au Parlement européen, Gianni Pittella.

Mais elle pourrait se traduire dans les faits, et le scénario ne serait pas à exclure, s’inquiète le maire de Lampedusa. “Ce serait tout à fait réaliste. Souvenez-vous, au moment des printemps arabes, nous avons accueilli près de 30 000 migrants. Dans les camps de concentration, la seule perspective, c’est la mort. La vie n’y a pas sa place”.

Un séisme fait d’importants dégâts en Grèce et en Turquie

Un puissant séisme a frappé dans la nuit de jeudi à vendredi l‘île grecque de Kos et la station balnéaire turque de Bodrum en pleine saison touristique, tuant un Suédois et un Turc et faisant des centaines de blessés. La secousse d’une magnitude de 6 à 6,7 est survenue à 1h31 (22h31 GMT jeudi) dans cette région très touristique du bassin méditerranéen. Selon la police, les victimes sont âgées respectivement de 22 et 39 ans. Les deux touristes circulaient dans le centre-ville, encore très animé malgré l’heure tardive, et ont été tuées par l’effondrement d’un bar ou par des pierres d’autres vieux bâtiments avoisinants qui ont subi d’importants dégâts.

En tout, 120 personnes ont été blessées à Kos. Dans la station balnéaire turque de Bodrum, sur la côte égéenne, 358 personnes ont été blessées, selon le ministre turc de la Santé Ahmet Demircan, précisant que 25 d’entre elles étaient toujours hospitalisées, mais aucune ne se trouvait dans un état grave. A Kos, Harriet Longley, une Britannique de 18 ans, a dit à l’AFP avoir entendu un “très fort vrombissement. Nous nous sommes précipités pour sortir (…) mes quatre amis sont tombés parce que ça secouait énormément”.

L‘île de Kos est habituellement très fréquentée par les jeunes touristes. La capacité des infrastructures touristiques s‘élève à 100.000 lits et plus de 85% sont actuellement réservés, selon une source policière locale. D’abord fermé pour évaluer les dégâts, l’aéroport a rouvert dans la matinée, a indiqué Fraport, la société allemande qui l’exploite. “Il n’y a pas de mouvement de panique, les gens qui partent prennent leur avion comme prévu”, a confié une source aéroportuaire à l’AFP. Le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos, a indiqué qu’hormis le port de Kos, qui a été fermé au trafic en raison d’un affaissement, le trafic étant détourné vers Kalimnos, les autres dommages étaient contenus. “La situation sur l‘île semble parfaitement contrôlée et nous avons un retour à la normale”, a-t-il déclaré sur la télévision d’Etat ERT.

La secousse a été de magnitude 6,7 selon l’institut géologique américain (USGS) et de magnitude 6 selon l’Observatoire d’Athènes. L‘épicentre du séisme, qualifié de “très fort”, se trouvait à 10 kilomètres au sud-est de Bodrum et à 16,2 kilomètres à l’est de Kos selon l’USGS et l’Observatoire d’Athènes. Outre les îles grecques, le séisme a été fortement ressenti sur les côtes occidentales turques proches et surtout à Bodrum. A Rhodes, la secousse a surpris les touristes dans leur sommeil. L’hôtel du club Marmara de Theologos, à 30 kilomètres de la ville de Rhodes, “a tangué comme un navire, et j’ai cru qu’il allait s’effondrer”, a témoigné une journaliste de l’AFP sur place. A Bodrum, la secousse a également été ressentie fortement pendant au moins une vingtaine de secondes, selon une autre journaliste de l’AFP sur place, précisant que depuis la forte secousse, il y avait eu au moins cinq ou six répliques de moindre intensité. De nombreuses fissures sont apparues sur les bâtiments à Bodrum et l’hôpital de la ville a été évacué, pour des raisons préventives, selon les médias turcs.

A Turgutreis, ville balnéaire située à 20 kilomètres de Bodrum, la maison secondaire de Dilber Arikan, une retraitée de 59 ans, originaire d’Ankara, a subi de nombreuses fissures. “Je dormais et le lit a été secoué… Des bouteilles sont tombées par terre et se sont cassées dans la cuisine, j’ai crié”, a-t-elle témoigné. Les séismes sont fréquents en Grèce et au large des côtes occidentales de la Turquie, en mer Egée, qui se trouve entre les deux pays. Le 12 juin, une personne est morte et une dizaine d’autres ont été blessées sur l‘île grecque de Lesbos, par un séisme de magnitude 6,3 qui a été ressenti tant à Athènes qu‘à Istanbul. “L’archipel de Dodécanèse, où Rhodes et Kos se situent, est très sismique. En 1933, un fort séisme à Kos avait fait 200 morts, heureusement le séisme d’aujourd’hui est gérable” , a assuré le sismologue Gerassimos Papadopoulos. Un autre séisme, beaucoup plus meurtrier, avait dévasté en 1999 la région turque de Marmara, sur le continent, au nord-ouest de la Turquie, faisant plus de 17.000 morts.

Avec AFP

Face à l’Allemagne, Erdogan montre les crocs

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est en colère et il veut le faire comprendre aux yeux de tous, à commencer par ceux de l’Allemagne. Son message est clair : aucun pays étranger ne lui dictera la politique judiciaire à adopter dans son pays. Quitte à se froisser durablement, avec l’un de ses meilleurs alliés en Europe et porter de lourdes accusations à son encontre :

“Je condamne fermement les propos sans aucun fondement de la ministre de l’Economie allemande, dont le but est de perturber les entreprises qui investissent dans notre pays. Il n’y a aucune enquête sur une entreprise allemande en Turquie : ces accusations sont un tissu de mensonges. Le gouvernement allemand qui héberge des terroristes turcs dans son pays devrait plutôt expliquer cela : comment justifier le soutien financier accordé à ces personnes ? Le ministère allemand des Affaires étrangères a émis une mise en garde aux voyageurs qui voudraient se rendre en Turquie, en raison de pseudo mauvaises conditions de sécurité. C’est totalement déplacé”, a déclaré le président turc en conférence.

Des propos à charge qui font suite à l’annonce de Berlin de « réorienter » ses relations diplomatiques avec Ankara. Ce durcissement intervient après l’arrestation de plusieurs militants des droits de l’homme, début juillet à Istanbul dont un Allemand. En réaction, le ministre de l’Economie allemand avait comparé le système judiciaire turc à celui pratiqué dans l’ex-Allemagne de l’Est, peu réputé pour son impartialité.

Les palestiniens gêlent les contacts avec Israël

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé ce vendredi soir un “gel des contacts” avec Israël tant que les nouvelles mesures de sécurité mises en place par l’Etat hébreu autour de l’esplanade des Mosquées ne seraient pas annulées.

M. Abbas s’exprimait devant des journalistes à l’issue d’une journée d’affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes qui ont fait au moins trois morts et des centaines de blessés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

Escalade des tensions autour de l’esplanade des mosquées

Un nouvel épisode de violences s’est déroulé ce vendredi à Jérusalem et en Cisjordanie. Trois Israéliens ont été tués dans une colonie au nord-ouest de Ramallah, lors d’une attaque au couteau. Un Palestinien a été abattu par l’armée israélienne ce vendredi après des heurts à Jérusalem-est, tout comme deux autres hommes, mais les circonstances de leur mort n’ont pas été précisées. Dans plusieurs quartiers de la ville sainte, les manifestations qui ont tourné à l’affrontement auraient fait plusieurs centaines de blessés, selon le Croissant Rouge.

Depuis une semaine, les tensions sont vives, après l’interdiction de l’accès à l’esplanade des mosquées aux hommes de moins de 50 ans, et la mise en place de détecteurs de métaux à l’entrée du site. Une décision intervenue après la mort de deux policiers, attaqués dans la vieille ville. Ce vendredi, le Président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas a annoncé un gel des contacts avec Israël, tant que ces mesures ne feraient pas l’objet d’une annulation.

Les habitants de Kos dans la crainte de répliques

Sur l‘île de Kos, des centaines d’habitants ont choisi de dormir à la belle étoile, par crainte de répliques, au lendemain du violent séisme qui a secoué la zone et a été ressenti jusqu‘à Bodrum, en Turquie. Ce tremblement de terre a coûté la vie à deux personnes, et fait plusieurs centaines de blessés.

“Maintenant, on dort dehors”, explique un habitant. “On a peur d’un nouveau tremblement de terre important. Il faut être patient. Nos enfants dorment dans la voiture et nous on dort ici, à l’extérieur”.

En pleine saison, l‘île peut accueillir jusqu‘à 100 000 touristes. Ce vendredi, plusieurs répliques, d’intensité variable, ont été ressenties.

“Il y a deux ans, à l‘été 2015, au plus fort de la crise migratoire, des dizaines de réfugiés dormaient ici dans ce square”, explique Michalis Arampatzoglou, journaliste à Euronews. “Cette nuit, après le séisme, ce sont les touristes et les habitants de Kos qui viennent dormir au même endroit, effrayés à l’idée de rester à l’intérieur des bâtiments”.

Emmanuel Macron hors cadre

Emmanuel Macron, seul dans son bureau de l‘élysée, au-delà du symbole, c’est la dimension de la photo officielle qui fait beaucoup parler. Trop grande pour être placée dans le cadre dont disposent les mairies.
C’est la dernière polémique en date autour de l’image du président. Un homme qui maîtrise pourtant à la perfection la communication. Depuis son élection, les commentateurs désigne son début de quinquennat de “jupitérien”, un qualificatif, déjà utilisé sous François Mitterrand, synonyme de parole plus rare et qui crée la surprise.

Et quand la foudre de Jupiter frappe, elle le fait désormais sur les réseaux sociaux. Emmanuel macron a revu la communication présidentielle, il adresse son message via Twitter, Facebook ou les caméras officielles… Il maîtrise de bout en bout son image. Hélitreuillage a bord d’un sous-marin, vol en combinaison de pilote…il occupe le terrain en tirant les leçons des quinquennats précédents. Philippe Moreau Chevrolet est consultant en communication, pour lui Macron tente de trouver sa place entre l’hyperactif Sarkozy et Hollande, jugé trop mou. “Macron a vu ce qu’il se passait avec Hollande, il a dit moi je ferai pas du tout ça donc je serai très peu avec les médias par contre je serai très présent sur les réseaux sociaux et je vais essayer de ne pas être trop actif. Donc il est entre Sarkozy et Hollande.”

Deux mois après son élection, la démission du chef d‘état major, Pierre de Villiers a marqué les esprits. Erreur de jeunesse ou signe d’autoritarisme du président ? Pour l’opposition FI à l’Assemblée nationale, le comportement de la majorité est symptomatique. “Les 310 députés LREM votent en cadence, sont assez répétitifs dans leurs arguments, ils répètent des généralités”, analyse Alexis Corbière, nouveau député
de la Seine-Saint-Denis
D’après les derniers sondages, Emmanuel Macron bénéficie de 54 % d’opinion positive. Cinq points de moins qu’il y a un mois.

Mossoul quadrillée pour la chasse aux jihadistes

La chasse aux jihadistes d’Etat islamique se poursuit à Mossoul. De maison en maison, les forces irakiennes du contre-terrorisme écument la vieille ville. Ils fouillent, contrôlent les papiers d’identité, et tentent de s’assurer qu’aucun terroriste ne leur a filé entre les doigts. Des opérations officiellement organisées pour rassurer les habitants restés sur place ou ceux qui reviennent dans la ville irakienne, montrer que les forces gouvernementales sont avant tout là pour les protéger.

Depuis que l’armée avait annoncé la reprise de la ville à Daech, il était interdit de pénétrer dans ces ruelles… jusqu‘à cette opération très médiatisée qui pourrait avoir pour but de faire oublier les images d’exactions commises par les forces irakiennes.

Ces images circulant sur les réseaux sociaux ont été repérées la semaine dernière par des ONG, comme Human Rights Watch. Elles montreraient ce que l’armée irakienne voudrait cacher, à savoir des exécutions sommaires sur lesquelles Bagdad a depuis promis d’enquêter.

Claude Rich, “l’acteur qui sourit”, est mort

Le comédien Claude Rich est sorti de scène jeudi soir 20 juillet. Grande figure, très populaire, du cinéma et du théâtre français, il est mort à l‘âge de 88 ans à son domicile en région parisienne. Il était malade depuis longtemps. C’est l’une de ses deux filles, Delphine, qui a annoncé la triste nouvelle.

Acteur au sourire malicieux – surnommé d’ailleurs “L’acteur qui sourit” dans la profession – et à la voix reconnaissable entre toutes, Claude Rich a joué dans pas moins de 80 films et dans une cinquantaine de pièces de théâtre. Il avait notamment obtenu le César du meilleur acteur pour son rôle dans “Le Souper” en 1993, et il avait été récompensé par un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2002.

Du jeune premier au personnage historique

Dans les années 1960, il a d’abord joué les jeunes premiers mais dans des comédies cultes : notamment “Oscar”, dans laquelle il tentait d’escroquer et de devenir le gendre du personnage interprété par l’incroyable comique, Louis de Funès; et puis “Les Tontons flingueurs”, où il incarnait encore un futur gendre, cette fois celui de Lino Ventura.

Mais en vieillissant, Claude Rich est devenu un acteur recherché par de grands réalisateurs comme Pierre Schoendoerffer, pour qui il a joué dans “Le Crabe Tambour” en 1976, comme Claude Miller dans “L’Accompagnatrice” en 1992, ou encore Bertrand Tavernier dans “La Fille de d’Artagnan” en 1994.

Le comédien s’est également révélé dans les rôles de personnages historiques, qu’il affectionnait particulièrement. On peut citer Talleyrand (“Le Souper”), le cardinal Mazarin (“Le Diable rouge”), le colonel Chabert (dans le film du même nom), et pour la télévision Léon Blum, Galilée, Voltaire…

Il restait un éternel enfant

Et Claude Rich ne dédaignait pas interpréter au contraire des hurluberlus comme le druide Panoramix dans les aventures d’Astérix revisitées par Alain Chabat en 2002.

Jour de colère et de prière à Jérusalem

Des échaufourées ont éclaté en plusieurs endroits de la ville sainte, comme ici, près du checkpoint Qalandia. La police israélienne a fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser des fidèles musulmans qui s‘étaient rassemblés à l’appel de responsables religieux et de factions politiques palestiniennes.

A l’origine de la contestation, l’affaire des détecteurs de métaux. Ces équipements ont été installés aux entrées de l’Espanade des Mosquées après une attaque contre les forces de l’ordre israélienne il y a une semaine. Deux policiers avaient été tués.

Ce vendredi, deux Palestiniens ont été tués dans Jérusalem-Est. L’un d’eux a été abattu par les forces israéliennes lors de heurts dans le quartier de Al-Tur. L’autre avait aussi été tué par balle auparavant dans un autre quartier de la ville mais dans des circonstances incertaines.

Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne, a précisé : “aujourd’hui, seuls les hommes de plus de 50 ans et les femmes de tous âges seront autorisés dans les alentours de la Vieille Ville et au Mont du Temple. Ces mesures de sécurité seront observées aussi longtemps que nécessaire.”

L’armée est en état d’alerte : cinq bataillons supplémentaires sont déployés en Cisjordanie occupée. En signe de protestation contre les mesures de sécuité, les fidèles ont décidé de ne plus aller prier sur l’Espanade des Mosquées. L’accès aux lieux saints de l’islam cristallise les tensions israélo-palestiniennes depuis des décennies.