Thaïlande: les jeunes rescapés de la grotte donnent une conférence de presse

Les douze enfants et leur entraîneur de football coincés dans une grotte inondée de Thaïlande et sauvés au terme d’une périlleuse opération de secours internationale devaient quitter l’hôpital mercredi et s’adresser à la presse pour la première fois.“Il s’agit de permettre aux médias de poser leurs questions et de permettre ensuite leur retour à la vie normale sans que les médias ne viennent les embêter”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement thaïlandais, Sunsern Kaewkumnerd.Les jeunes rescapés du club de foot des “Sangliers sauvages” sortent ainsi un jour plus tôt qu’initialement annoncé. Ils ont passé plus d’une semaine à l’hôpital de Chiang Rai (nord), d’abord équipés de lunettes de soleil pour se réhabituer à la lumière du jour après avoir passé plus de deux semaines sous terre dont neuf jours à ne pas savoir s’ils seraient jamais localisés.Ils ont été jusqu’ici protégés de l’intense intérêt médiatique suscité par leur histoire, avec plus d’un millier de journalistes venus du monde entier, des tweets de Donald Trump et de stars du ballon rond à leur sujet.Depuis leurs évacuation spectaculaire, endormis sur des civières tirées pendant des heures par des plongeurs professionnels, les autorités sanitaires ont publié au compte-gouttes des photos et vidéos d’eux à l’hôpital, disant leur soulagement et rendant hommage au plongeur ayant perdu la vie lors de l’opération de secours.Les autorités thaïlandaises ont préféré organiser une conférence de presse afin d‘éviter les sollicitations en ordre dispersé des enfants, qui doivent reprendre une vie normale au plus vite selon les psychiatres.La conférence de presse est prévue à 18:00 locales (11:00 GMT) et devrait durer moins d’une heure, avec soumission au préalable des questions.Des psychiatres doivent passer en revue les questions avant la conférence de presse pour s’assurer de leur caractère non-traumatisant: raconter leurs souffrances peut en effet leur faire revivre leur cauchemar, mettent en garde les spécialistes.- En direct à la télévision – La conférence de presse a été officiellement baptisée “Renvoyer les Sangliers sauvages à la maison”. Elle sera diffusée en direct à la télévision.“Ils devraient rentrer à la maison dans la foulée”, a précisé le porte-parole du gouvernement.Le chef de la junte militaire au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d’Etat en 2014, le général Prayut Chan-O-Cha, a mis en garde les journalistes contre la tentation de poser “des questions sans importance”.Les recommandations des médecins de tenir les enfants à distance de tout contact avec les médias pendant un mois risquent d‘être difficiles à respecter vu l’intérêt suscité par l’histoire, jusqu’auprès de sociétés de productions hollywoodiennes ayant repéré le bon scénario.La saga a été marquée par les frasques du milliardaire Elon Musk qui avait apporté en personne un prototype de sous-marin censé permettre l‘évacuation des enfants. Un des spéléologues britanniques au coeur de l’opération de sauvetage, Vernon Unsworth, avait dénoncé un “coup de pub”, ce qui lui avait valu d‘être traité de pédophile par Musk qui s’est excusé mercredi.Les familles des enfants tentent elles aussi de tenir les médias à distance et de se concentrer sur l’heureux évènement.“C’est le plus beau jour de ma vie”, s’enthousiasmait mercredi, interrogée par l’AFP, Khameuy Promthep, la grand-mère de Duangphet, plus connu sous le sobriquet de “Dom”, le capitaine de l‘équipe de football, âgé de 13 ans.L‘équipe des “Sangliers sauvages” était restée bloquée, à partir du 23 juin et pour certains jusqu’au 10 juillet, dans la grotte de Tham Luang, une des plus grandes de Thaïlande.Ils avaient été découverts par des plongeurs anglais neuf jours plus tard, à quatre kilomètres de l’entrée, sur un promontoire rocheux, prisonnier des eaux, montées soudain en raison des pluies de mousson.Leur évacuation, extrêmement difficile, par des boyaux étroits envahis d’une eau boueuse, avait pris trois jours et s‘était achevée le 10 juillet.Les enfants confieront peut-être la raison pour laquelle ils se sont rendus dans la grotte après leur entraînement, des familles ayant évoqué la possible célébration de l’anniversaire de l’un d’entre eux, Pheeraphat, surnommé “Night”, qui a eu 16 ans le 23 juin.

 

 

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Dans le sud irakien, les contestataires veulent régler de vieux comptes

Le mouvement de contestation qui secoue le sud de l’Irak est le résultat d’années de colère contre la corruption et le chômage, jusqu’alors mise sous le boisseau du fait de l’effort de guerre contre les jihadistes, estiment les experts.Six mois après l’annonce de la “victoire” sur le groupe jihadiste Etat islamique (EI), le mécontentement populaire refait surface contre la classe dirigeante qui peine à former un nouveau gouvernement après les élections de mai.“Les échecs de la classe politique en termes de gouvernances économique et politique apparaissent en pleine lumière”, explique à l’AFP Fanar Haddad, spécialiste de l’Irak.Des échecs qui ont un réel impact sur la vie quotidienne de 38 millions d’Irakiens forcés de composer avec une pénurie chronique d‘électricité, des ressources en eau qui s’assèchent, des services publics absents et un chômage endémique. Sans compter les accusations de corruption.Ce sont ces mots d’ordre qui résonnent depuis plus d’une semaine dans les manifestations parties de la ville portuaire de Bassora (sud), zone la plus riche en pétrole d’Irak, avant de gagner l’ensemble du sud. Avec à chaque fois une question: “où est le gouvernement?”.Néanmoins, le mouvement semble aujourd’hui s’essouffler, malgré des appels à défiler les jours prochains.- Abadi en difficulté – Chaque été dans un pays où le thermomètre tutoie aisément les 50 degrés, les pénuries d’eau et d‘électricité déclenchent des crises. “Les Irakiens ont assez de revendications légitimes pour que des manifestations spontanées éclatent”, poursuit M. Haddad, de l’Université de Singapour.Ce mouvement est surtout “une explosion de rage contre un système tout entier”, souligne-t-il. Avant d’ajouter: “que des acteurs politiques tentent de coopter le mouvement ou d’en tirer profit est une autre histoire”.Les autorités, prises de court et déjà secouées par une abstention record aux législatives de mai, ont certes assuré le droit de manifester pacifiquement, mais elles ont rapidement dénoncé des “vandales” et envoyé les forces de l’ordre au-devant des manifestants qui ont brûlé les locaux de partis et saccagé des bâtiments publics.Huit personnes ont péri, abattues par les balles de tireurs non identifiés. Des forces de l’ordre ont tiré en l’air à balles réelles, selon des correspondants de l’AFP. En outre, selon les autorités, plus de 260 membres des forces de l’ordre ont été blessés.Le gouvernement de Haider al-Abadi a semblé prendre rapidement la mesure d’une contestation qui à ses débuts semblait réclamer rien moins que la chute du système tout entier.M. Abadi, en déplacement à Bruxelles, est parti directement à Bassora, tandis que des ministres ont tenté de jouer l’apaisement auprès des chefs des tribus, puissantes dans le sud.Les proches de M. Abadi le défendent en soulignant que la “guerre contre la corruption” qu’il a promise aussi dure que celle contre l’EI prendra du temps dans le 12e pays le plus corrompu au monde.Mais pour le politologue Hicham al-Hachémi, le Premier ministre est l’unique responsable de cette “fin de mandat qui lui portera préjudice”, “malgré ses succès militaires”.Et les promesses faites à Bassora trois milliards de dollars d’allocation, investissements dans l’habitat et les écoles sont loin de convaincre des manifestants, qui savent que M. Abadi ne sera peut-être pas reconduit, note-t-il.- “Attendre que passe la tempête” – Mais ce mouvement pourrait faire long feu selon M. Hachémi, car, malgré des “revendications légitimes” déjà portées lors de manifestations ces dernières années, il n’a “ni direction, ni identité politique ni même soutien médiatique” en Irak.Des ordres d’arrestations ont été lancés contre des dizaines de militants qui diffusaient images des manifestations et appels à plus de défilés.Sur internet, déclarations et communiqués d’appel à la sédition se sont multipliés. Mais la mobilisation en ligne a connu un brutal coup d’arrêt. L’internet a été coupé avant d‘être rétabli lundi, mais il ne donne toujours pas accès aux réseaux sociaux.Quant à la voie de sortie, elle pourrait prendre la forme de “concessions cosmétiques et de promesses de réformes”, prédit M. Haddad.Pourtant, dit-il, les réponses aux questions soulevées par les manifestants “nécessitent bien plus que ce que la classe politique préoccupée par son propre intérêt peut offrir”.Cette dernière va donc “très probablement faire le gros dos et attendre que passe la tempête”, dans un pays où la population assure ne plus rien attendre des politiques, pour la plupart inamovibles depuis la chute du dictateur Saddam Hussein il y a 15 ans.

 

 

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Célébration des Bleus sur les Champs-Elysées: « Nous avons tiré les leçons de 1998 »

Le dispositif de sécurité sur les Champs-Elysées “tirait les leçons de 1998” dans un contexte de menace terroriste “élevée”, a expliqué mercredi sur Europe 1 le préfet de police de Paris, pour répondre aux critiques sur la célébration rapide des Bleus champions du monde.De nombreux supporters se sont indignés que le bus à impériale transportant l‘équipe de France, sacrée la veille à Moscou en finale de la Coupe du monde, soit passé rapidement lundi sur la prestigieuse avenue de la capitale.“La foule était énorme sur les Champs-Elysées, au moins 300.000 personnes. Nous avions mis en place un dispositif sans précédent, qui tirait les leçons de 1998”, où le bus avait mis plusieurs heures à fendre la foule, qui n‘était pas contenue, a souligné le préfet de police Michel Delpuech.“Les temps ont changé”, a-t-il ajouté pour justifier la mise en place “d’un barriérage qui a permis de dédier et sauvegarder un couloir de progression pour le bus”.“Imaginez ce qui se serait passé si ce couloir de progression avait été envahi, avait été bloqué. Que n’aurait-on dit? On aurait eu des risques pour la sécurité des joueurs, on mettait en difficulté les fonctionnaires qui assuraient le cheminement, on mettait aussi en difficulté la foule”, a poursuivi le préfet.Le bus n’allait pas si vite, a-t-il jugé: “L’itinéraire est court, c’est 1.300 mètres depuis le haut des Champs jusqu’au rond-point (des Champs-Elysées, ndlr). 1,3 km, 12 minutes: ça fait 6,5 km/h”.Durant la semaine marquée par les célébrations des victoires en demi-finale et finale du Mondial, entrecoupées par les festivités du 14-Juillet, “globalement la sécurité a été largement garantie, assurée dans un contexte qui est celui d’une menace terroriste latente, de niveau élevé, avérée, une menace endogène”, a estimé M. Delpuech.Les incidents dimanche soir sur les Champs-Elysées, avec le saccage de plusieurs boutiques dont le Drugstore Publicis, ont été le fait “de pilleurs”, de “groupes qui n’ont pas grand-chose à voir avec ce qui est un vrai supporter”, a-t-il affirmé.

 

 

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Un an de cannabis en pharmacie: « c’est comme vendre de l’aspirine »

Enrique Curbelo, 76 ans, est ravi. Grâce au cannabis, vendu depuis un an dans les pharmacies d’Uruguay, il a remis en selle sa boutique vieillotte, jusqu’ici malmenée par les grandes chaînes modernes.“Pour moi, c’est comme vendre de l’aspirine. Je me devais de proposer ce qu’elles ne vendaient pas”, explique-t-il à l’AFP dans son pull kaki, à quelques jours du premier anniversaire.Depuis le 19 juillet 2017, pour fumer un joint en Uruguay, plus besoin d’appeler son dealer, il suffit de passer à la pharmacie: ce pays d’Amérique du Sud est devenu le premier au monde à commercialiser en toute légalité de la marihuana à usage récréatif.Mais le mode de distribution choisi par l’Etat a suscité de nombreuses réticences chez les pharmaciens. D’abord intéressés par la manne financière potentielle, les représentants du secteurs ont ensuite fait état de leurs craintes: peur d‘être victimes de vols, interrogations sur la rentabilité – le nombre d’acheteurs inscrits étant trop limités à leur goût – et craintes pour leur image auprès de leur clientèle habituelle.Résultat: dans ce territoire de 3,4 millions d’habitants, grand comme la moitié de l’Allemagne, seuls 14 établissements, dont la moitié à Montevideo, participent actuellement au programme. Le gouvernement n’est pas parvenu à trouver un accord avec les grandes chaînes de pharmacies. Avant de se mettre à vendre de l’herbe, M. Curbelo, situé à Pocitos, un des quartiers huppés de la capitale, confie avoir dû vaincre ses propres préjugés et observer: il a rejoint tardivement le réseau de pharmacies participantes. Ce programme lancé par le gouvernement semble rencontrer un succès croissant auprès des consommateurs. En un an, le nombre d’acheteurs inscrits sur le registre officiel a été multiplié par cinq, passant de 5.000 environ à près de 25.000, selon l’Institut de régulation et de contrôle du cannabis (l’Ircca).- “Produits chimiques” – Ismaël Fernandez en fait partie. Ce mercredi, comme chaque semaine, il reçoit un message Whatsapp de sa pharmacie pour le prévenir que le cannabis est arrivé. A la sortie du travail, il s’y rend pour acheter les 10 grammes autorisés par personne et se dirige vers la maison pour se rouler un “joint pour se détendre”.Agés de 31 ans tous les deux et parents d’un garçon de 3 ans, cet employé d’une entreprise de nettoyage et sa compagne Stefania Fabricio, coiffeuse, n’ont donc plus besoin d’acheter à leur dealer de l’herbe paraguayenne ou brésilienne “pressée, mélangée et parfois très mauvaises, pleines de produits chimiques”. Et, bien sûr, plus chère. “Maintenant, c’est plus facile que quand ça a commencé”, raconte Ismaël à l’AFP en référence aux longues files d’attentes des premiers temps. “Et la qualité est bonne”, ajoute Stefania. “Ça ne te retourne pas la tête et ce n’est pas le but. Ça te fait de l’effet mais tu peux faire des trucs sans problème”, raconte-t-elle, convaincue d‘être une “privilégiée” en vivant dans un pays avec une telle loi “qui a sorti énormément de gens du marché noir”.Après avoir placé son doigt sur le capteur d’empreinte, Ismaël débourse les 400 pesos (13 dollars) pour les 10 grammes. Le système ne se débloquera que dans une semaine. Mais certains préfèrent cultiver pour leur propre consommation, ou appartenir à un club cannabique: les deux autres modes d’accès pour un usage récréatif prévus par la loi uruguayenne.Federico Corbo, 41 ans, bichonne ses plantes dans le jardin de sa maison, située à l’extérieur de Montevideo.S’il est ravi du choix du gouvernement uruguayen, il est moins enthousiaste sur la qualité du produit. “Elle n’est pas mauvaise, mais la qualité est faible”, juge-t-il.D’autres consommateurs enfin, préfèrent rester anonymes et en marge de la loi. La raison? Le registre tenu par l’Etat et décrié par certains. “Je pense que ç‘a été mal conçu: si en fin de compter elle (la marihuana) allait être légalisée, l’Etat devait-il endosser ce rôle paternaliste pour surveiller qui fume ou arrête de fumer?”, se demande auprès de l’AFP un fumeur qui préfère rester anonyme.

 

 

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Nicaragua: Ortega et Murillo, couple « machiavélique » accroché au pouvoir

Le 19 juillet 1979, à la tête de l’insurrection qui fait chuter le dictateur Anastasio Somoza, Daniel Ortega devient un héros au Nicaragua. 39 ans après, il s’accroche au pouvoir, avec son épouse Rosario Murillo, réprimant les manifestations qui réclament son départ.Comparés à Frank et Claire Underwood, duo impitoyable de la série “House of Cards”, ou surnommés “Lord et Lady Macbeth”, leurs détracteurs dénoncent la dérive autoritaire de ce couple qui gouverne sans partage et veille jalousement sur son image.Sans surprise, “El Comandante”, ex-guérillero aujourd’hui âgé de 72 ans, décroche un quatrième mandat lors du scrutin présidentiel de novembre 2016… dont les principaux partis d’opposition sont tenus à l‘écart.Poignets recouverts de bracelets multicolores et tenues bariolées, sa femme de 67 ans est une poétesse excentrique qui s’affiche en mère du peuple. Après avoir dirigé d’une main de fer la communication et l’agenda de l’exécutif, elle prend à cette occasion la vice-présidence.Sur les dix enfants élevés ensemble, certains d’union précédentes, la plupart occupent des postes importants dans la politique, l‘économie et les médias, de quoi réveiller les mauvais souvenirs dans ce pays habitué aux dynasties familiales. A partir de 1936, le Nicaragua vit sous la dictature de la famille Somoza, dont le dernier représentant, Anastasio, est renversé en 1979 par la révolution sandiniste, dirigée par Daniel Ortega. Jeudi, en pleine crise, les sandinistes au pouvoir en célèbrent le 39e anniversaire. Au fil du temps, cet admirateur du Che Guevarra opère une métamorphose, abandonnant le marxisme de ses débuts pour une gestion plus pragmatique du pouvoir.Le leader de gauche applique désormais scrupuleusement les recommandations du Fonds monétaire international (FMI), dont le projet de réforme des retraites a justement été le détonateur de la colère populaire en avril.“Dans les années 1980, Ortega faisait partie d’un projet de changement révolutionnaire, à présent, c’est un capitaliste amoureux du pouvoir, qui se consacre à renforcer ses privilèges et sa fortune”, déclare à l’AFP l’ancienne guérillera Monica Baltodano, qui a tourné le dos au Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche) en 2000.Une chose toutefois n’a pas changé: l’homme à la moustache fournie, qui a délaissé le treillis, s’appuie toujours sur Rosario Murillo, surnommée “la sorcière” par ses détracteurs.- “Machiavéliques” – Tous deux “sont machiavéliques dans le sens où (pour eux), la fin justifie les moyens”, commentait fin 2016 Gioconda Belli, ancienne camarade de lutte devenue écrivaine et opposante au gouvernement, dénonçant une “monarchie” au pouvoir.Accrochée au pouvoir, le couple présidentiel refuse actuellement d’avancer les élections, comme le propose la conférence épiscopale, médiatrice dans cette crise qui a déjà fait près de 300 morts en trois mois, s’attirant les condamnations de la communauté internationale.Omniprésente à ses côtés, Rosario, ancienne militante sandiniste, décrit cette vague de violence comme “une période d’obscurité” provoquée par des “malins”. Dans ses rares interventions, lui parle de “paix”, d’“amour” et de “dieu”, renforçant l’image d’un tandem déconnecté du quotidien.A l’aise en français comme en anglais, elle impose ses choix pour orner la capitale de dizaines d’“arbres de vie”, géants métalliques illuminés la nuit au coût exorbitant… et jetés à terre ces dernières semaines par les manifestants en colère. Né le 11 novembre 1945 dans le village de La Libertad, au sein d’une famille de six enfants, Daniel Ortega abandonne ses études de droit pour rejoindre le FSLN avant de passer sept années en prison, où il est torturé.Lors de son premier mandat, il applique un programme inspiré de l’Union soviétique: étatisation de l‘économie, nationalisations, expropriations, alphabétisation.Sa politique lui vaut une haine tenace des Etats-Unis de Ronald Reagan, qui imposent alors un blocus économique, provoquant des pénuries alimentaires, et organisent la contre-révolution.Battu dans les urnes en 1990, il retrouve le fauteuil présidentiel en 2006 et semble y prendre goût: malgré une interdiction constitutionnelle, il obtient de la Cour suprême, en majorité sandiniste, l’autorisation de briguer un deuxième mandat consécutif.En équilibriste confirmé, il parvient alors à apprivoiser les milieux d’affaires, à rassurer les organismes internationaux tout en faisant allégeance au Vénézuélien Hugo Chavez, dont les petro-dollars et les dons en nature alimentent les programmes sociaux du gouvernement.En 2014, il fait modifier la Constitution pour obtenir de postuler à un nouveau mandat.Cet habile homme politique, décrit comme froid, pragmatique et méfiant, gouverne reclus dans une résidence de Managua très surveillée.

 

 

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Nicaragua: la police a pris le contrôle du quartier rebelle de Masaya

Au terme de violents affrontements, les forces progouvernementales ont pris le contrôle du quartier rebelle de la ville de Masaya, au sud du Nicaragua, qui avait érigé des barricades depuis le début de la contestation contre le président Daniel Ortega.“Aujourd’hui (mardi), c‘était au tour de Monimbo, à Masaya, de retrouver des rues libres de tout blocus où les gens peuvent se déplacer librement”, a déclaré le gouvernement nicaraguayen sur son site internet.“Ce quartier historique célèbre sa liberté, après avoir été kidnappé par des terroristes financés par la droite putschiste”, est-il ajouté.L’Association nicaraguayenne des droits de l’Homme (ANPDH) a confirmé qu’après un “usage excessif de la force” contre les manifestants, la police et les groupes armés irréguliers avaient pris le contrôle de la ville, a déclaré à l’AFP son dirigeant Alvaro Leiva.Un millier d’hommes des forces anti-émeutes et de paramilitaires fortement armés à bord d’une quarantaine de pick-up étaient entrés au petit matin dans Masaya, situé à une trentaine de kilomètres de la capitale Managua.Au moins deux personnes ont été tuées dans l’assaut, “une femme âgée et un policier”, a déclaré à l’AFP la présidente du Centre nicaraguayen des droits de l’Homme (Cenidh), Vilma Núñez.“Une chasse sans discrimination a été lancée contre le peuple, il y a des raids sur les maisons, ils enfoncent les portes, ils jettent les gens et leurs affaires dans la rue”, avait-elle dénoncé.Les accès à la ville avaient étaient bloqués et les journalistes empêchés de passer: visée par les tirs, une équipe de l’AFP a été contrainte de faire demi-tour aux abords de la ville.“Ils attaquent Monimbo! Les balles atteignent l‘église Maria Magdalena, où le prêtre s’est réfugié”, avait écrit sur Twitter l‘évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, appelant le président nicaraguayen Daniel Ortega à “arrêter ce massacre”.Sur les vidéos et enregistrements publiés sur les réseaux sociaux, on peut entendre des tirs nourris et des cris. Des habitants et des journalistes locaux ont rapporté la présence d’hommes cagoulés équipés de fusils d’assaut Kalachnikov et M16, ainsi que de tireurs d‘élite.- “Opération nettoyage” – Cette incursion, rebaptisée par l’opposition “opération nettoyage”, ciblait le quartier indigène de Monimbo, où la population est fortement mobilisée contre le gouvernement. Des barricades allant jusqu‘à deux mètres ont été élevées dans cette ville de 100.000 habitants.“On nous attaque avec des armes lourdes, c’est une des opérations les plus violentes lancées contre Masaya, on entend des détonations et des tirs de mitrailleuses”, avait déclaré à l’AFP le dirigeant du mouvement étudiant du “19 avril”, Cristian Fajardo. Dans une vidéo tournée au milieu de l’attaque, les jeunes du quartier de Monimbo se disaient prêts à mourir pour un “Nicaragua libre”. “Nous n’allons pas les laisser entrer ici, si nous devons mourir pour notre pays, nous allons mourir”.La vice-présidente Rosario Murillo, également épouse du chef de l’Etat, avait célébré plus tôt l’avancée de la “libération” de la ville rebelle, estimant que les manifestants étaient “une minorité remplie de haine”. “La bonne nouvelle en provenance du Nicaragua est que le coup d‘État a échoué, c’est-à-dire que la tentative de coup d’Etat au Nicaragua est déjà vaincue”, a affirmé mardi à Bruxelles Paul Oquist, le ministre nicaraguayen chargé des politiques nationales, dans un entretien à l’AFP. “Il n’y a plus de barrages routiers”, “les étudiants peuvent retourner en cours”, a-t-il soutenu. Le gouvernement qualifie les manifestants de “putschistes” et de “délinquants”.Pendant ce temps, le Parlement, contrôlé par le camp au pouvoir, a adopté une loi punissant de 15 à 20 ans de prison les actes de terrorisme. Sont notamment ciblés les auteurs d’actes visant à “altérer l’ordre constitutionnel”, ce qui, selon l’opposition, pourrait concerner les manifestants.Le leader paysan Medardo Mairena, l’un des représentants de l’opposition dans le dialogue avec le gouvernement, a été accusé mardi à Managua de terrorisme, crime organisé, assassinat et tentative de saper l’ordre constitutionnel du pays, ont annoncé des sources judiciaires.Les affrontements à Masaya interviennent au moment où la communauté internationale réclame avec insistance l’arrêt de la répression.Les Etats-Unis ont “fermement” exhorté mardi le président du Nicaragua à cesser “la violence et le bain de sang”.L’Union européenne a aussi demandé mardi la “fin immédiate” de la violence au Nicaragua et exigé le démantèlement des groupes armés irréguliers. La veille, 13 pays d’Amérique latine et l’ONU avaient réclamé la cessation immédiate des violences.Le Nicaragua, pays le plus pauvre d’Amérique centrale, est secoué depuis trois mois par des violences qui ont fait plus de 280 morts et quelque 2.000 blessés.Un mouvement de protestation, dont les étudiants sont le fer de lance, a été lancé le 18 avril contre le gouvernement de Daniel Ortega, ex-guérillero de 72 ans, à la tête du Nicaragua depuis 2007 après l’avoir déjà dirigé de 1979 à 1990. Il est accusé d’avoir mis en place avec son épouse Rosario Murillo, une “dictature” marquée par la corruption et le népotisme. Ses adversaires demandent des élections anticipées ou son départ.

 

 

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Tour de France: parcours court et intense dans les Alpes pour la 11e étape

Compacte et dense, la 11e étape du Tour alterne mercredi montées et descentes dans les Alpes, sur les 108,5 kilomètres séparant Albertville de la station de La Rosière.Quatre montées figurent au programme, les deux premières classées en hors catégorie. La montée de Bisanne (12,4 km à 8,2 %), escaladée pour la deuxième fois dans l’histoire de l‘épreuve, est abordée une douzaine de kilomètres seulement après le départ.A partir de Beaufort, réputé pour son fromage, le col du Pré impose une ascension de 12,6 kilomètres à 7,7 % de pente. Au sommet, peu après la mi-course, la vue porte très loin, jusqu’au massif du Mont-Blanc, avant les derniers kilomètres du Cormet de Roselend (2e catégorie).La descente, piégeuse, conduit à Bourg-Saint-Maurice puis au pied de l’ascension finale classée en première catégorie, par les lacets de Montvalezan (17,6 km à 5,8 %). “La dernière ascension n’est pas propice à ce qu’il y ait de gros écarts entre les favoris. Un groupe est souvent avantagé au pied de l’ascension ou sur le haut”, estime Romain Bardet, qui avait été dominé lors du Dauphiné, dans une étape quasi comparable, par Geraint Thomas.La Rosière, une station (700 habitants) située sur les pentes du col du Petit-Saint-Bernard à la frontière franco-italienne, accueille le Tour pour la première fois.Départ d’Albertville à 14h00 (départ réel à 14h05), arrivée à La Rosière vers 17h23 (prévision à 33 km/h de moyenne).

 

 

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NBA: les Warriors prolongent le contrat de leur entraîneur Steve Kerr

Les champions NBA en titre, les Golden State Warriors, ont annoncé la prolongation du contrat de leur entraîneur, Steve Kerr, l’homme qui a permis à l‘équipe californienne de conquérir trois sacres en quatre ans.La durée de contrat et les émoluments de Steve Kerr n’ont pas été divulgués mais selon certaines sources ils feraient de lui l’un des entraîneurs les mieux payés de la Ligue de basket nord-américaine (NBA).Dans un communiqué, le directeur général des Warriors, Bob Myers, a indiqué que Steve Kerr, 52 ans, dirigera l‘équipe “pour les prochaines années”.“Nous sommes ravis d’avoir Steve sous contrat. Sous sa direction, nous avons eu la chance de remporter trois titres NBA en quatre ans et sa capacité à s‘épanouir dans toutes les facettes de son travail est certainement une des principales raisons de notre succès”, a indiqué M. Myers.“C’est un entraîneur formidable mais surtout un être humain incroyable”, a-t-il ajouté.Steve Kerr avait refusé une offre des Knicks de New York en 2014 et avait signé un contrat de 25 millions de dollars sur cinq ans avec les Warriors.Depuis son arrivée, Kerr a supervisé l’ascension des Warriors en tant qu‘équipe majeure de la NBA. Seuls Phil Jackson (1991, 1992, 1993) et John Kundla (1949, 1950, 1951) ont remporté trois titres NBA au cours de leurs quatre premières saisons à la tête d’une équipe NBA.En playoffs, Steve Kerr possède un record de 63 victoires et 20 défaites, le pourcentage de victoires le plus élevé de l’histoire de la NBA parmi les entraîneurs en chef qui ont dirigé un minimum de 25 matches de playoffs.Les Warriors ont également enregistré 58 victoires ou plus dans chacune de leurs quatre saisons régulières sous l‘ère Kerr, imitant les Celtics de Boston, les Bucks de Milwaukee, les 76ers de Philadelphie et les Lakers de Los Angeles, seules autres équipes à avoir réussi un tel exploit.Dans la totalité, les statistiques s’envolent à 265 victoires pour 63 défaites, le meilleur total de l’histoire de la NBA en quatre années.

 

 

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Amende record en vue pour Google

Google, le géant du net, s’apprête à devoir payer une nouvelle amende de plusieurs milliards d’euros à l’Union européenne. Cette fois-ci, l’entreprise américaine sera sanctionnée pour avoir abusé de la position dominante de son système d’exploitation pour smartphone, Androïd, sanctionnée aussi pour asseoir la suprématie de ses propres applications et avant tout son service de recherche en ligne. Le montant de l’amende n’est pas encore connu, mais devrait pulvériser le dernier record de 2,42 milliards d’euros il y a un an, en juin 2017.

 

 

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Turquie: l’état d’urgence va être levé après deux ans de purges

La Turquie lève dans la nuit de mercredi à jeudi l‘état d’urgence instauré il y a deux ans après un putsch avorté et dans le cadre duquel de vastes purges ont été menées, mais l’opposition craint qu’il ne perdure de fait à travers une nouvelle loi “antiterroriste”.Ce régime d’exception, qui élargit considérablement les pouvoirs du président et des forces de sécurité, a été mis en place le 20 juillet 2016, quelques jours après une sanglante tentative de coup d’Etat qui a secoué la Turquie dans la nuit du 15 au 16 du même mois.Sous l‘état d’urgence, les autorités turques ont mené pendant deux ans une traque implacable contre les putschistes et leurs sympathisants présumés, mais ont aussi visé des opposants prokurdes accusés de “terrorisme”, des médias critiques et des ONG.Activé pour une durée initiale de trois mois, l‘état d’urgence a été prolongé à sept reprises et la dernière extension expire mercredi à 22h00 GMT (jeudi 01h00 heure turque). Le gouvernement a indiqué qu’il n’y aurait pas de nouvelle rallonge.La levée programmée de l‘état d’urgence survient moins d’un mois après des élections remportées par M. Erdogan qui ont doté l’homme fort de la Turquie de pouvoirs renforcés, aux termes d’une révision constitutionnelle controversée adoptée l’an dernier.L‘état d’urgence a notamment permis à M. Erdogan d‘émettre pendant deux ans des décrets à valeur de loi qui ont profondément modifié la législation turque. Aux termes de la réforme constitutionnelle, le président turc conservera cette prérogative après l‘état d’urgence.Pendant les deux années écoulées, la Turquie a vécu au rythme de purges incessantes qui ont conduit à l’incarcération de près de 80.000 personnes soupçonnées de liens avec le putsch ou avec le “terrorisme”. Plus de 150.000 fonctionnaires ont en outre été limogés ou suspendus.Parmi les 34 décrets-lois émis pendant l‘état d’urgence figurent la mise en place d’une tenue unique pour les personnes emprisonnées en lien avec le putsch —une mesure jamais appliquée à ce jour—, ou encore l’immunité judiciaire pour les civils ayant affronté les putschistes.- “Une nouvelle page” ? – “La fin de l‘état d’urgence pourrait ouvrir une nouvelle page en Turquie”, se félicite Murat Yetkin, éditorialiste au journal Hürriyet, évoquant une plus grande indépendance de la justice et des médias. Mais l’enthousiasme pourrait être de courte durée, avec l’introduction au Parlement cette semaine d’un projet de loi soutenu par le parti de M. Erdogan qui contient plusieurs mesures inspirées des dispositions de l‘état d’urgence.Ainsi, selon l’agence de presse étatique Anadolu, le texte permet aux autorités de continuer, pour les trois années à venir, de limoger tout fonctionnaire lié à une “organisation terroriste”.En outre, les administrateurs publics nommés pendant l‘état d’urgence à la tête d’entreprises soupçonnées de liens avec une “organisation terroriste” pourront rester en place pendant encore trois ans.Autres mesures: les manifestations et rassemblements seront, sauf autorisation spéciale, interdits après le coucher du soleil. Les autorités locales pourront restreindre l’accès à certaines zones et la garde à vue pourra durer jusqu‘à 12 jours, selon la nature du délit.Après avoir annoncé la levée prochaine de l‘état d’urgence, les dirigeants turcs avaient insisté sur la nécessité, selon eux, de mettre en place un cadre législatif permettant de continuer de “lutter efficacement” contre les “groupes terroristes”.Ankara impute la tentative de coup d’Etat au prédicateur Fethullah Gülen, qui réside depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis et dément toute implication.Le projet de loi doit être étudié en commission parlementaire à partir de jeudi et débattu à l’hémicycle dès lundi. Mais l’opposition tire déjà à boulets rouges sur le texte.La principale formation anti-Erdogan, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), accuse le gouvernement de vouloir “pérenniser l‘état d’urgence” avec des mesures jugées “contraires à la Constitution”.“Avec ce texte, avec les mesures qu’il comprend, l‘état d’urgence ne sera pas prolongé de trois mois, mais de trois ans”, a accusé lundi Ozgür Ozel, adjoint au président du groupe parlementaire CHP.

 

 

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